lundi, septembre 12, 2005

Commerce équitable


Entretien avec Michael Pertor, économiste renommé de Harvard.


Michael Pertor, vous affirmez qu'il est très facile d'organiser équitablement les échanges commerciaux internationaux. Que préconisez-vous ?


Les systèmes sociaux, les niveaux de rémunération sont très différents d'un pays à l'autre, et il est assez difficile de comparer objectivement le niveau de vie.


C'est pourquoi nous devons pondérer et traduire en points les éléments du train de vie, salaires, avantages sociaux etc. En fait, il s'agit comme pour des fractions mathématiques, de trouver le dénominateur qui permet la comparaison.


La réalisation d'un tableau de bord objectif permettant de visualiser, en temps réel, les niveaux de vie de tous les pays ne pose aucune difficulté technique. Il existe déjà quelques outils.


Forts de cet outil, nous devons appliquer les règles suivantes :

règle 1 : n'accorder le libre échange des marchandises ou services qu'avec les pays qui ont un niveau de vie comparable ou supérieur.

règle 2 : ajouter une taxe appropriée sur les produits et services provenant d'un pays d'un niveau de vie moindre de telle sorte que les produits ou services importés ne concurrencent pas les produits et services locaux.

Enfin, pour se prémunir contre la spéculation et notamment la spéculation immobilière, on pourrait imaginer que les prix de l'immobilier, ou d'autres produits éventuellement, soient assujettis à l'indice du tableau de bord sus évoqué. Ainsi nous pourrions juguler la spéculation immobilière et régler en partie les problèmes de logement. Par exemple, les anglais qui bénéficient actuellement de la surévaluation artificielle de leur monnaie achètent pour moitié prix des résidences en France. Avec l'application de cette règle, des anglais pourraient toujours acquérir une résidence en France, mais ils devraient la payer au même tarif que s'ils l'avaient achetée en Angleterre. Il en irait de même pour des français qui achèteraient au Maroc. etc. etc. Ne rêvez pas trop, la spéculation est un des moteur du capitalisme.


Amelyne Laroche. N'est-ce pas un peu réactionnaire que de vouloir limiter les échanges à l'heure de la mondialisation ? Et cela ne risque t-il pas de défavoriser les pays pauvres si leurs produits exportés sont taxés ?


Oui, vous avez raison, c'est réactionnaire que de vouloir aller à contre sens. Mais il est préférable d'aller dans le bon sens quitte à provoquer la réaction. Nos esprits sont conditionnés. Le cycle infernal consommation / activité n'est porteur d'aucun espoir pour l'humanité. Le développement utile c'est pouvoir acquérir l'indépendance économique, de produire sur place pour le marché local. L'économie capitaliste est l'ennemi juré de l'autarcie, de l'auto suffisance, son dieu c'est la consommation. Elle a transformé presque toute l'humanité en consommateurs contraints et asservis, la mondialisation c'est l'interdépendance totale des économies ce qui les rend extrêmement vulnérables.
La plupart de nos comtemporains ont les yeux qui brillent devant les gadjets de la technologie moderne, on croirait apercevoir le visage ébloui des "sauvages" face à la verroterie des conquistadors. Atterrant.

Domino, château de cartes. Le bon sens : éviter le cycle !